Michael Mattis

Auprès de Christine Deger, gérante de Cyberluchs GbR et Cyberluchs for Business

Auprès de Christine Deger, gérante de Cyberluchs GbR et Cyberluchs for Business

La menace économique qui pèse sur les entreprises, non seulement dans le secteur des PME, mais aussi sur les grandes entreprises, ne cesse de croître de jour en jour. À peine un jour ne s’écoule-t-il sans que de nouvelles tentatives d’extorsion ne soient révélées, sans que des vols de données ou des intrusions de pirates ne soient signalés. Nous sommes entrés dans l’ère numérique et le « côté obscur de la force » est en plein essor. D’autant plus important est-il que tous les acteurs de l’entreprise comprennent que la sécurité est menacée et donc associée à un risque. Dans un entretien avec Christine Deger, propriétaire de Cyberluchs for Business, nous parlons aujourd’hui de la situation actuelle des menaces, des technologies d’évaluation, de son rôle de coordinatrice de crise et de ce que signifie collaborer avec une experte en cybersécurité.

DIGITAL FUTUREmag : Madame Deger, si l’on lit votre profil de conférencière, on pourrait directement avoir peur. Vol de données, intrusions de pirates, cyberterrorisme. La situation de la sécurité informatique s’est-elle donc dégradée ces derniers mois ? Comment évaluez-vous la situation actuelle ?

Christine Deger : Malheureusement, oui – si l’on regarde les rapports des dernières semaines, la situation ne s’améliore pas, elle empire. Les infrastructures dites critiques sont particulièrement en danger. Prenons l’exemple de l’oléoduc américain, des hôpitaux ou des systèmes de transport. C’est dans ces domaines que l’on observe actuellement une augmentation des attaques.

DIGITAL FUTUREmag : Vous accompagnez les responsables informatiques de niveau C dans tous les aspects liés à la sécurité informatique, mais aussi dans le domaine du développement logiciel. Quels défis cela implique-t-il pour vous ?

Christine Deger : Nous commençons par la stratégie de cybersécurité – ici, les dirigeants d’entreprise doivent d’abord avoir une vue d’ensemble complète de leur propre système informatique. Il est également important de prendre en compte les services informatiques externalisés, qu’ils soient confiés à des prestataires ou hébergés dans le cloud. Cela permet de rendre les risques transparents. Ensuite, nous pouvons définir les mesures contribuant à une protection ciblée et donc à la minimisation des risques.

DIGITAL FUTUREmag : Dans votre rôle, vous intervenez également en tant que manager intérimaire. Est-il vraiment judicieux de faire appel à un manager intérimaire dans le domaine de la sécurité informatique ?

Christine Deger : Oui, cela en vaut la peine. Les responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) sont des partenaires d’échange pour les délégués à la protection des données. Ils apportent un regard différent sur les sujets au sein de l’entreprise. De nombreuses petites et moyennes entreprises n’ont initialement personne en interne pour assumer ce rôle. Souvent, des collaborateurs internes sont formés, et j’assure cette fonction en externe en attendant. Une fois que le collaborateur a suivi une formation de base, je l’accompagne dans la pratique. Je l’aide à organiser son travail, à planifier l’année et à réaliser des audits internes/externes. Il s’agit d’une offre relativement nouvelle que je développe actuellement.